On imagine mal à quel point le niveau technique des batteurs en France était faible à cette époque, mis a part quelques individualités du monde du Jazz. Dante voulut élever ce niveau et créa une école ambitieuse, mais il n'a jamais considéré qu'il devait enseigner les mystères de la musique à ses élèves. Il n'existe d'ailleurs pas de "style Agostini".
Dante préconisait un travail quotidien, rationnel et méthodique, et il écrivit dans ce sens une montagne de méthodes, de cahiers et d'études. Nous étions un aréopage d'adolescents réunis autour d'un maître au sens ancien du terme. Un homme chaleureux et exigeant que nous respections et qui nous motivait suffisamment pour nous faire travailler entre quatre et six heures chaque jour, voire plus...voire trop! quelques uns parmi nous se consacraient si totalement au travail agostinien qu'ils en délaissaient l'essentiel, le jeu en orchestre, et suscitaient les critiques par leur "virtuosisme" systématique et encombrant.
Quoi qu'il en soit, par delà les moues suspicieuses, la vrai dimension de l'enseignement de Dante Agostini était telle qu'en lui même: un homme bon, désintéressé, investi à fond dans cette école qui était son oeuvre, ouvert et curieux, aimant à la fois Buddy Rich et Elvin Jones, André Ceccarelli et Christian Vander. Son obsession pour la technique n'a jamais été sécheresse de coeur, et le seul message qu'il ait jamais voulu transmettre à la jeunesse qui l'entourait était la joie de jouer.